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Joseph Sanguedolce, né le 16 décembre 1919 à Sommatino en Italie et mort le 15 août 2010 à Beauzac en France. Joseph Sanguedolce est un résistant, homme politique et syndicaliste français, maire PCF de Saint-Étienne de 1977 à 1983.

La jeunesse

Joseph Sanguedolce est né le 16 décembre 1919 à Sommatino en Italie (Sicile).
Son père travaillait dans des mines de soufre à Trabia (It). Au chômage,  ce dernier décide d’émigrer aux États-Unis. Un incident stoppe le bateau à Tunis, et le pousse à émigrer en France, où une forte colonie de mineurs siciliens de la province de Caltanissetta est déjà établie depuis la guerre de 14-18 ( voir "Le Chant de l'Alouette", p 17 à 25). Il fait venir sa femme et ses trois enfants en 1923 : tous s’installent au hameau du Cluzel  à Saint-Genest-Lerpt dans un logement d’une seule pièce. Ils y resteront plusieurs années avant de trouver un logement un peu plus grand au hameau des Vignes, leur permettant d’élever quelques volailles et une chèvre. Joseph est le second de la famille qui va bientôt compter six enfants. Il obtient le CEP (Certificat d’études primaires) à 11 ans et demi, à l’école primaire publique de Côte-Chaude. Son père est alors malade et hospitalisé à l’hôpital de Bellevue. Rétabli, son père est reclassé dans un petit emploi de gardiennage à la mine : Joseph est embauché et descend à la mine à 12 ans en compagnie de Vincent, son frèreo aîné, qui avait déjà dû commencer à travailler dans une petite entreprise de confection pour apporter de l’argent à la famille.
Celle-ci obtient en 1934 un logement des mines un peu plus confortable à Roche-la-Molière, dans le quartier de la Côte-Durieux. Son père fréquente l’Amicale laïque de Côte-Chaude où les dimanche après-midi, se retrouvait une dizaine de ressortissants de la même province, qui jouaient à la “briscola” (jeux de cartes), chantaient, ou improvisaient des poêmes nostalgiques.
Joseph adhère aux Jeunesses communistes en 1935 avec d’autres voisins comme Paul Chissos, Cerino et organise un Cercle de JC dans la commune. Il fréquente aussi  l’AL de Côte-Chaude et pratique beaucoup le cyclisme : il a d’ailleurs un bon niveau régional. Son père décède en janvier 1937 : il devient le soutien de la  famille avec son frère Vincent. Mais ce dernier, victime d’une grave accident de la route en 1938, doit s’arrêter de travailler. Seul soutien de famille à 19 ans, Joseph  Sanguedolce continue jusqu’à la déclaration de guerre à conjuguer travail, activités sportives et engagement politique
.

 

de la "drôle de guerre à la Résistance et à la Déportation".

Joseph Sanguedolce est mobilisé en 1940, avec le 3e contingent de la calsse 1939, au cinquième génie du chemin de fer de Versailles. Le 14 juin, Le 14 jui, son régiment reçoit l'ordre de se replier sur la Loire en train. Le régiment n'iront pas plus loin qu'Étampes, où il est fait prisonnier par les Allemands.. Joseph est interné en Allemagne au Stalag VII-A, à Hausbourg, en Bavière, jusqu'en 1941. Il est alors "employé" à travailler pour des cultivateurs allemands. En mai 1941, il fait une tentative d'évasion avec Barthélémy Cognet, de Terrenoire, et Jules masson, de Villeurbanne. Après huit jours de marche, ils sot arrêtés, près de la frontière Suisse. Ramené au stalag, il est mmis en cellule à Memingen. Peu de temps après, il est rapatrié comme soutien de famille à la demande des Houillères de la Loire, dans le cadre des accords Scapini.

« En ce qui me concerne, j'ai bénéficié des accords Scapini qui prévoyaient la libération des soutiens de famille de plus de cinq enfants. De retour en France, j'ai repris mon travail à la mine et mes activités sportives jusqu'au jour où un dirigeant communiste lyonnais est venu me voir pour faire connaissance et pour m'indiquer que les syndicats et tous les partis étaient dissous, les grèves interdites et les informations censurées ».

La Résistance

Effectivement, Joseph_Sanguedolce est contacté par Boisson, responsable régional PCF..

En 1942, il crée un groupe de mineurs résistants avec l'appui des clandestins de la Jeunesse communiste de France et sous l'égide des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Un de ses premiers actes de résistance à la Côte-Durieux avec Kaminski est de de détourner un wagon transitant à Roche-la-Molière et contenant 5 bidons de 100 l de miel chacun. Ils invitent les familles de la Côte-Durieux à se servir dans ce wagon "égaré et sans étiquette" ; en une demi-heure, le wagon est asséché... En mars 1943, ils font dérailler en manoeuvres un wagon de 20 tonnes de pommes de terre, qui s'éventre et libère son stock de tubercules. Là enore, une demi-heure après, le wagon est vide...

En décembre 1942, il est l’un des initiateurs avec Giraud et Jean Rullière (qui deviendra en 1956 maire SFIO de Roche-la-Molière) de la grève des chemins de fer des mines de Roche-la-Molière.

Avec d'autres jeunes, il dérobe deux ronéos dans un grand magasin de Saint-Étienne.

« À cette époque-là, les gens avaient faim; il n'y avait plus de tickets pour la nourriture, les salaires étaient désespérément bloqués… La priorité était donc d'abord celle-là. Je me souviens de cette halte du travail qu'on avait déclenchée à la mine de Roche-la-Molière. Je dis halte car on ne pouvait pas faire grève. Enfin disons que si nous faisions grève, on risquait rien de moins que d'être arrêtés. Donc, ce jour-là, à midi pile, tout le monde arrête le travail et après des palabres avec le PDG de la mine, on obtient une augmentation des salaires ainsi que la libération des mineurs du puits Sagnat de Roche-La-Molière qui avaient été emprisonnés quelques semaines auparavant pour avoir organisé une grève. Il y avait aussi ce train, gare de Châteaucreux, que l'on avait empêché de partir pendant quelques heures. Les gens - et les femmes surtout, qui ne voulaient pas perdre un mari, le soutien financier - manifestèrent et permirent à quelques dizaines d'engagés forcés au STO de s'enfuir ».

Il est arrêté à Saint-Etienne, rue des Passementiers, par la police française le 21 juin 1943, lors d'un rendez-vous avec Roger Priouret, un des responsables régionaux de la Résistance, en étant en possession d'une enveloppe contenant des stencils pour tirer des tracts. Il est interrogé par le commissaire Chabanis, puis par des inspecteurs de la Brigade spéciale de Lyon, sous "l'Homme de bronze", au commissariat de la place de l'Hôtel de ville. Il est interrogé mais, malgré les brutalités, nie tout en bloc. Au bout d'une semaine, il est emprisonné à la prison de Bellevue à Saint-Étienne.

Il y reste tout l'été pendant l'instruction de son procès. Il fait la connaissance de militants communistes plus expérimentés, comme Jean Sosso (alias commandant Guillemot, futur organisateur FFI en 1943-44 des maquis de la haute-Loire - Puy de Dôme). Cela lui permet de compléter ses connaissances théoriques du marxisme, grâce aux cours manuscrits rédigés par des militants politiques, emprisonnés depuis plus longtemps (dont Guidecelli, Barbe (Lafaurie), Lemoine, Mercadier, Dutourd) . Il espère faire partie de la tentative d'évasion qui se prépare avec l'aide de résistants à l'extérieur de la prison. Mais début septembre, il est transféré à la prison Saint-Paul de Lyon par les autorités collaborationnistes.

L'évasion préparée aura bien lieu à la prison stéphanoise de Bellevue, dans la nuit du 25 au 26 septembre, et trente-deux prisonniers seront libérés.

À Saint-Paul, Joseph Sanguedolce doit passer plus d'une semaine dans une cellule destinée aux condamnés à mort, avec deux condamnés de droit commun. Il réussit à être soulagé de cette difficile promiscuité et passe ensuite plusieurs semaines avec un autre détenu politique, syndicaliste, Édouard Aubert, secrétaire national de la Fédération CGT du textile, qui avait dirigé les grandes grèves de Rhodiaceta à Lyon, avant la guerre. C'est une nouvelle occasion de arfaire ses onnaissances avec ce militant d'une grande érudition dont Joseph dit : "Il me parle des philosophes et du marxisme, de la dialectique et du matérialisme. J'ai souvent mal à la tête, mais j'écoute et essaie d'assimiler". Tous deux sont à l'origine d'un mouvement de protestation contre le détournement par certains gardiens d'une partie de la ration de vin hebdomadaire des prisonniers et obtiennent gain de ause auprès d'une commission du ministère de la Justice de Pétain.

Lors de son procès, avec Roger Priouret et sa femme, ils entonnent la Marseillaise. Joseph Sanguedolce est condamné à 5 ans de prison (8 pour Priouret).

Le 10 décembre 1943, il est envoyé, avec d'autres condamnés, à la prison centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), non sans avoir chanté encore la Marseillaise engare de Toulouse. À Eysses, sont rassemblés, depuis le 15 ocotbre, 1200 détenus politiques provenant des prisons de Lyon, Saint-Etienne, Montpellier et Narbonne. Ceux-ci ont réussi à imposer un régime de traitement politique à la direction du camp. Une délégation permanente, désignée par les détenus, gère les activités à l'intérieur de la Centrale : cuisine, infirmerie, entretien et même discipline. Les activités culturelles et sportives se développent ; des cours de science, d'histoire, de littérature, de langue ou de mathématiques sont prodigués. Les organisations clandestines du PCF, des jeunesses communistes et des communistes se retrouvent dans des comités du Front national. D'autres militants de la Loire y sont également emprisonnés comme Joseph Ramier, militant métallurgiste, Étienne Laval de Saint-Chamond, responsable de la jeunesse communiste, et Frédéric Benoît, de Roanne.

Début 1944, des préparatifs d'évasion se développent. Joseph fait partie d'un groupe militaire clandestin de trois dans son "préau" et s'initie, dan sun coin isolé, au maniement et au montage/démontage d'une mitraillette Sten récupérée. Le 19 février, une tentative de soulèvement du camp est lancée, mais échoue au bout d'une nuit d'affrontements.

Le pétainiste Darnand fait fusiller douze otages, et essaie de trouver les meneurs du soulèvement. Enfin, le 30 mai 1994, la Centrale est livrée aux Allemands et est investie par la division SS "Das Reich" et les prisonniers sont transférés en train, depuis la gare de Penne d'Agennis au camp de Compiègne.

Le voyage est éprouvant et dure quatre jours et quatre nuits, avec de multiples détours pour éviter les sabotages de la Résistance qui essaie de retarder le convoi. Dans son wagon bondé, Joseph_Sanguedolce, avec d'autres militants, organise l'utilisation de l'eau et le tours de rôle pour s'allonger. L'expérience de ce voyage, dira-t-il dans ses souvenirs, sera capitale, pour essayer de survivre lors d'ue deuxième voyage, de Compiègne à Dachau.

Dans le train qui les mène ensuite en Allemagne, les déportés sont entassés à 100 par wagon. A l’intérieur du sien, Joseph et d'autres militants organisent « une rotation » qui permet à chacun d’arriver vivant à Dachau. Cela permet à chacun à tour de rôle de respirer une bouffée d’air près de l’unique petit vasistas du wagon. Ils répartissent aussi équitablement le peu de nourriture et d’eau qu’ils ont.

La Déportation

Arrivé à Dachau, il est dirigé vers le camp de concentration de travail d’Allach où 5 à 6 000 déportés fabriquent des moteurs d’avions pour la firme BMW. Les journées sont épuisantes. L’espérance de vie est de deux à trois mois. Joseph s’affaiblit, il connaît la dysenterie. Placé aux travaux en cuisine, il arrive progressivement à retrouver des forces. Ensuite un nouveau travail lui est ordonné : réparer des machines outils dans l’usine de Kaufberen (la société Kaufberen, filiale de BMW, contribue à l'époque à la mise au point des fusées V1 et V2). Il profite de sa présence dans cet atelier pour saboter les produits qu’il fabrique à destination de l’armée allemande. Fin mars, des nouvelles des alliés leur arrivent par radio au camp. Joseph et ses camarades refusent de travailler malgré la menace d’exécution.

Après la libération du camp de Dachau par la VIIe armée états-unienne (30 avril 1945), Joseph et ses compagnons doivent attendre le 23 mai pour être enfin évacués vers la Suisse, au bord du lac de Constance, où ils passent quelques jours récupérateurs dans les villas récupérées des anciens dignitaires allemands. Enfin, début juin 1945, les rescapés français sont évacués vers Lyon; Là une ambulance récupère les cinq déportés de la Loire dont Joseph Sanguedolce qui retourne ainsi dans sa famille, à la Côte-Durieux, à Roche-la-Molière, deux ans après l'avoir quitté. Le "Pitch" est de retour mais il n'apprendra que quelques mois plus tard que son frère Vincent, arrêté en 1942, a été abattu par les SS en 1944 au camp de Sachsenhausen.

Daniel Durand – 29 janvier 2011

 

Publications

* « Résistance de Saint-Etienne à Dachau », préface de Benoît Frachon, introduction de Maurice Moissonnier, Éditions Sociales, 1973

* « Le Chant de l'alouette », Presse Publicité Loire, 1987

* « Parti pris pour la vie : l’aventure des hommes », préface de Louis Viannet, VO Éditions, 1993

* « La résistance à Dachau-Allach : contre la mort programmée », Médiris, 1998

 

Sources

encyclopédie Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Sanguedolce

thèse Jean-Michel Steiner : Le Parti communiste français dans la vie stéphanoise sous la IVe République (1944-1958) - 2005

Hommage des élus communistes aux funérailles de J. Sanguedolce

* Joseph Sanguedolce: souvenirs de résistance et de déportation : Pascal Pacaly - site internet Forez-Infos

 

en construction - à suivre

 

À LA UNE

Le CEDMO42 à l'antenne le 14 février

Jeudi 14 février à 12h30 sur RLF 100.9,il a été question de l’histoire du mouvement ouvrier dans la Loire avec Daniel Durand,le président du CEDMO 42.

ANNÉE 2018-2019 : PERMANENCE POUR ÉTUDIANTS, CHERCHEURS

La permanence du CEDMO42 pour les chercheurs et étudiants du MERCREDI, a repris de 14 h à 17 h, à son siège, 39 rue Camélinat à Saint-Étienne. Nous rappelons qu'elle est suspendue pendant les vacances scolaires.

Pour une recherche exceptionnelle et un RV hors permanence, contacter le CEDMO42 par courriel.

 

 

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