Repères biographiques pour Paul Chomat,

donnés par lui-même pour la plaquette du CEDMO42 ‘40 ans après », parue en février 2018

 

Naissance : 9 Janvier 1938 à Saint-Étienne

Origines familiales :

Côté père : Jean Marie est l’ainé d’une famille de mineurs au Bas Chaney à Saint Jean Bonnefonds et Côte Saint-LouisN quartier du Soleil. Embauche à la mine à l’âge de 14 ans puis orphelin et pupille de la nation et soutien de famille de ses trois soeurs.

Adhérent de la JC en 1924 puis du PCF, militant ouvrier CGT-U ; salarié et licencié de la mine, de la sidérurgie, de la métallurgie au gré des luttes revendicatives.

Ses responsabilités dans la lutte anticolonialiste, antimilitariste et pour la paix, l’exposent à de nombreuses poursuites et condamnations qui le contraignent à l’illégalité et à poursuivre son activité dans l’errance sous des identités et domiciliations diverses fournies par la solidarité militante. La victoire municipale du Front populaire à Saint-Étienne pousse à ce que les portes de prison de Bellevue lui soient ouvertes dans le bon sens et qu’il trouve un emploi stable à la mairie.

Ce retour au calme lui permet de se marier et, à son tour, de fonder une famille. Pour peu de temps cependant parce que ceux qui ont trahi l’Espagne républicaine et le Front populaire le déclarent « Indésirable Français » et le mettent en détention avec d’autres communistes au camp de Bourg-Lastic et à Fort-Barraux .

Placé en résidence surveillée à Chamalières-sur-Loire, il put s’engager dans la résistance en lien avec les maquis WodlI et de Bellevue la Montagne. Après la libération il reprit son militantisme laïque, syndical et communiste

Côté mère : Emma Terrier est fille d’ouvrier typographe devenu artisan imprimeur et adhérent au nouveau Parti Communiste. De cette imprimerie sortirent nombre de publications syndicales et politiques, de tracts résistants. Il y fut imprimé clandestinement le manuscrit d’Henri ALLEG témoignant des tortures infligées à des partisans de la fraternité dans la paix des peuples français et algérien par des gouvernants qui avaient tourné le dos à leur promesse de paix et continuaient à sacrifier des générations de jeunes français pour des intérêts colonialistes.

Mon engagement politique personnel commence en 1954 en participant à des initiatives de l’UJRF pour la paix en Indochine et la libération d’Henri Martin et je deviens plus directement actif en 1956 avec mon adhésion à la Jeunesse Communiste et au parti communiste.

Devenu membre du secrétariat fédéral de la JC avec Paul Bernard, Serge Gaillard, Maurice Théollet, Claudius Mazet, André Séchaud, André Jousserand, Guy Fernandez, Philippe Lombardo, Gérard Bonnand, Paul Chissos, René Mondon et d’autres , c’est une activité sans frein pour la paix en Algérie qui a beaucoup d’échos parmi la jeunesse et les familles. La JC multiplie les initiatives : bal chaque dimanche à l’AL Chapelon ou à l’AL Soleil avec son propre orchestre « Tony Monta » et nous utilisons les bals populaires du samedi pour y faire des interventions et faire chanter une version du « Déserteur » de Boris Vian .

Chaque semaine, la JC assure la diffusion de son hebdomadaire « l’Avant Garde » qui a atteint jusqu’à 1 000 exemplaires /semaine. Tout est prétexte pour la Paix en Algérie : multiplication des ventes de brioches, tournée de cinéma dans les quartiers et communes avec des films populaires comme « Fanfan la Tulipe » ou « L’avant-centre » entre autres. En collaboration avec Gérard Guillaumat et Dedieu de la Comédie Jean Dasté, la JC a créé une troupe de théâtre pour jouer « Monserrat » de Manuel Roblès, « La demande en mariage » de Tchékov, « Lles parachutistes » de Georges Arnaud, pour réciter avec Serge Pauthe des lettres de soldats. En 1959, la JC décide d’organiser un camp estival permanent de jeunes au Pont de la Roche, à la limite des communes de Bas-en-Basset et Beauzac. Le succès et l’ambiance de ce camp sont mémorables : plusieurs dizaines de jeunes en permanence, une centaine de repas chaque dimanche.

L’utilisation des vacances scolaires et de sursis d’incorporation m’ont permis de partager la responsabilité de ce camp avec Gérard Just, Serge Gaillard et Gérard Bonnand jusqu’à l’été 1962 et mon départ de la JC pour d’autres activités et responsabilités militantes dans le syndicalisme enseignant et au parti avec mon élection au Comité Fédéral en 1962, puis au Bureau fédéral en 1966 , au secrétariat fédéral en 1971 chargé du Comité de ville jusqu’en mars 1977 .

En 1976 élu Conseiller Général du canton Saint Etienne Nord Est 2 , réélu en 1982 puis en 1988 et 1994 . Non candidat en 2001, je soutiens la candidature d’Alain Pecel qui est élu.

En 1981 , candidat à l’élection législative dans la circonscription Saint-Étienne Nord contre Michel Durafour je suis élu député communiste de la Loire avec Théo Vial-Massat réélu dans l’Ondaine.

Je fus alors secrétaire de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Président de la Commission de nationalisation de la sidérurgie et rapporteur du Budget du Commerce Extérieur jusqu’en 1984 et mon élection à la Présidence de la Commission de la Production et des échanges.

J’ai été réélu à l’élection législative de 1986 . Par contre lors de l’élection législative de 1989 faisant suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale, je fus battu par le candidat de droite Jean-Pierre Phillibert et le soutien du Parti socialiste à la candidature de l’UDF Michel Gaussin ex-suppléant de Durafour.

Ayant exprimé des réserves et des critiques à l’égard de certaines orientations et décisions de la direction du parti sous l’autorité de Georges Marchais concernant le refus de reconnaître clairement d’inacceptables dérives antidémocratiques en URSS et autres pays de l’Est européen ainsi qu’une évolution des orientations unitaires nous éloignant des attentes populaires et affaiblissant les confiances dans les perspectives communistes,

le renouvellement de ma carte du parti m’a été refusé lors de l’assemblée traditionnelle de remise des cartes de la cellule et j’ai été invité à en faire la demande à la Fédération. J’ai refusé de me soumettre à cette suggestion saugrenue dont j’ai appris par la suite qu’elle avait aussi été proposée à ma soeur Danièle .

Je n’en ai pas moins conservé jusqu’à ce jour mes convictions communistes qui me font regretter l’actuelle faiblesse du PC et de son influence.

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NDLR : dans cette biographie, Paul Chomat ne mentionne pas son élection en mars 1977 jusqu’en mars 1983 comme premier adjoint au maire de Joseph Sanguedolce, dans la municipalité d’union de la gauche élue à Saint-Étienne. Cette période de sa vie militante est largement évoquée dans les autres articles de cette brochure, à laquelle il est possible de se référer..


À LA UNE

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l'Annuaire photographique historique de militants communistes ligériens 1940-2000

 

 

Article paru dans le Progrès du 22 janvier 2020

 

ANNÉE 2019-2020 : PERMANENCE POUR ÉTUDIANTS, CHERCHEURS

La permanence du CEDMO42 pour les chercheurs et étudiants du MERCREDI, a repris de 14 h à 17 h, à son siège, 39 rue Camélinat à Saint-Étienne. Nous rappelons qu'elle est suspendue pendant les vacances scolaires.

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